Les solitudes se ressemblent / Ahmed KALOUAZ

Posted in coups de coeur, identité et diversité on juillet 2, 2017 by lepetitblumdelalitterature

 

Dans ce roman Ahmed Kalouaz retrace la vie présente et passée de Fatima, une  femme née dans un baraquement de Saint-Maurice, dans le Gard. C’est là que pendant des années sa famille et bien d’autres ont été parquées après leur retour d’Algérie. Fatima est fille de harkis. Elle devra subir les conséquences d’être » une fille de traitre et une fille d’Arabe ». Pas facile de se construire avec ce  passé qui pourtant n’est pas le sien.

Un sujet difficile encore aujourd’hui dans la société française, mis en lumière par Ahmed Kalouaz à travers les pensées et la vie de cette  femme. Un  beau roman plein de sensibilité comme sait le faire cet auteur.

 

« Les survivants ne furent jamais considérés comme des héros, même aux yeux de leurs propres enfants. Je me suis défiée de mon père parce qu’il portait cette honte-là, d’un combat et de lieux dont nous ne savions rien à l’époque, à peine un peu plus aujourd’hui. J’ai moi aussi dans mes premiers émois d’adolescente pris cet homme pour ce que l’on disait de lui et de ses pairs. Harki ayant pactisé avec l’armée française alors qu’elle incendiait les douars, traquait des hommes dans les ruelles des grandes villes, les sentiers du maquis, sans états d’âme, parce qu’il fallait tuer de crainte de l’être soi-même. »   extrait des pages 40 -41

Trois photos pour une nouvelle.

Posted in Actualités, Expériences littéraires with tags on avril 23, 2017 by lepetitblumdelalitterature

Les élèves des classes d’esthétique et coiffure ont participé au concours d’écriture de nouvelles. Elles avaient à leur disposition un choix de photographies de lieux, de personnages et d’objets. Elles devaient choisir une photo dans chacune des catégories et à partir de là, écrire une nouvelle.  Un jury de sept membres a choisi parmi l’ensemble des écrits,  quatre nouvelles.

C’est autour d’un goûter que la remise des récompenses s’est achevée.

A la première place exæquo : les nouvelles de Maëva et Lisa

Une rencontre bouleversante

Salut ! moi c’est Zack, j’ai 17 ans et je suis au lycée. Aujourd’hui, c’est déjà la fin des vacances et donc la reprise des cours. Heureusement pour moi, aujourd’hui, la moitié de mon emploi du temps est consacré à la musique. J’adore la musique. Etant petit, je voulais devenir chanteur mais tout le monde sait que ce n’est qu’un rêve donc j’ai pris cette option, et plusieurs fois par semaine, on joue des instruments. Pour ma part, je penche plus sur la guitare.

Mince 8h30. Génial, premier jour de cours et si ça continue je vais être en retard. C’est mon meilleur ami qui vient me chercher ; je me dépêche d’aller le rejoindre.

« – Salut ça va ?

– Ouais et toi ?

– Ouais alors, toujours pas de nouvelles de ton frère ?

– Non, et je ne pense pas qu’il soit prêt à revenir. »

Il y a quelques mois, la copine de mon frère a disparue et on ne l’a toujours pas retrouvée. Mon frère a quitté la ville pour la rechercher lui-même. Mon meilleur ami et lui étaient assez proches donc souvent il me demande de ses nouvelles.

On vient juste d’arriver au lycée, et au loin, j’aperçois une fille qui à mon avis est nouvelle ici. Je suis l’un des gars les plus populaires du lycée, donc je connais un peu tout le monde. Mes deux premières heures de cours sont consacrées à la musique, j’y vais directement. Aujourd’hui, le professeur nous laisse carte blanche pour faire ce que l’on veut donc je sors ma guitare de son étui et je commence à jouer.

La journée est finie, je peux enfin rentrer chez moi. Le lendemain, la journée commence pareil que celle de la veille une routine habituelle mais une fois arrivé dans la salle de classe, je remarque que la nouvelle est ici, elle a donc intégré ma classe. Aujourd’hui j’ai l’impression que la journée est très longue. En sortant du cours d’histoire, je suis tellement fatigué que je ne regarde pas où je vais et je me cogne contre quelqu’un:

« – Ho, excusez-moi, je suis vraiment désolé je ne regardais pas où j’allais.

– C’est pas grave.

– Hey ! mais attends, tu es la nouvelle ?

– Oui, c’est ça, je m’appelle Kylie.

– Moi c’est Zack. »

Après ça, elle part. Je la trouve un peu bizarre cette fille. Après être rentré chez moi et avoir mangé, je pars rejoindre mes amis au bar. Une fois par semaine, on se retrouve tous ensemble au bar pour boire un verre. Ce soir c’est soirée karaoké et mes amis veulent que j’aille chanter sur scène:

« – Aller Zack monte chanter.

– Non, c’est hors de question que j’y aille, tu as vu tout ce monde.

– Ho, tu ne vas pas nous faire croire que c’est tout ce monde qui t’angoisse tu es une vraie pipelette, monte sur scène. »

Encore une fois, j’ai perdu donc je prends ma guitare, monte sur scène et commence à chanter. Plus personne ne parle dans la pièce, c’est le calme complet et c’est vraiment gênant. Une fois que j’ai fini, la salle m’applaudit et je rejoins mes amis. En revenant Jeremy me lance :

« – Hey ce n’est pas la nouvelle là-bas ?

– Si.

– Qu’est-ce qu’elle fait ici toute seule ?

– Je ne sais pas, mais je vais très vite le savoir. »

Alors, je pars vers elle :

« – Alors, on traine seule dans les bars ?

-Ho, Euh… oui vu que je suis nouvelle ici, j’essaie de connaître un peu mieux la ville.

-Ho, mais alors ne reste pas seule, viens te joindre à nous.

-Ça ne dérangerait personne ?

-Mais non, allez viens ! »

Je l’emmène alors jusqu’à notre table :

« – Bon, je vous présente Kylie, et Kylie, je te présente mon meilleur ami Jeremy, sa copine Sharon, Nadia et Bryan.

-Salut. »

Après la soirée, je raccompagne Kylie chez elle et je rentre chez moi. Plus les jours passent, et plus Kylie et moi sommes proches, mais elle est aussi de plus en plus bizarre, elle change souvent de comportement et fuit pour rien. Alors, comme j’ai la maison pour moi tout seul ce soir, je l’ai invitée à manger chez moi pour savoir ce qui ne va pas avec elle. Kylie vient d’arriver et on commence à faire à manger. Je suis en train de couper de la viande quand tout à coup, le couteau me glisse de la main et me coupe.

« -Aïe !

– Qu’est-ce que tu as ?

– Je me suis coupé, tu peux me donner la serviette qui est à côté de toi s’il te plaît ? »

Quand elle me donne la serviette, elle est en train de trembler. En voyant mon sang, elle recule vite et me tourne le dos. Dans le reflet de la vitre, je vois des choses étranges sous ses yeux, je suis choqué :

« -Tu vas bien ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

– Rien, je vais bien ne t’inquiète pas pour moi.

– Tu es sûre ? Qu’est-ce que tu as au visage ?

– Rien, il faut que j’y aille. »

Je n’ai même pas eu le temps de prononcer un mot qu’elle est déjà sortie de chez moi. Son comportement est étrange et je n’ai pas rêvé, son visage a bien changé dans le reflet de la fenêtre. Je commence vraiment à me poser des questions à son sujet sur ce qu’elle est réellement. J’abandonne vite la nourriture à la cuisine et monte chercher mon ordinateur sur lequel je fais quelques recherches, ce que je trouve me surprend. C’est incroyable et je ne peux pas croire à l’irréel. Je prends mes clés de voiture et fonce jusque chez elle. Quand je frappe à la porte, elle l’ouvre dans un élan de furie, d’un ton sec. Je lui demande alors :

« – Qui es-tu?

-Tu le sais déjà, sinon tu ne serais pas là.

– Non c’est impossible. Je t’ai demandé de me dire ce que tu étais ! »

Elle prend une grande aspiration et me dit:

« – Je suis un vampire. »

A ce moment-là c’est tout mon monde qui s’effondre.

FIN

Une croisière prometteuse

Je m’amusais avec mes copines à faire des paris sur tout et n’importe quoi. Un jour, j’ai invité mes copines à boire le café à la maison et Vanessa, mon amie la plus proche était arrivée la première et elle m’a dit que l’on avait un pari de taille aujourd’hui. Les autres filles sont arrivées et je leur ai servi le café. Ensuite, un peu plus tard dans la soirée, nous avons commencé à faire nos paris. Vanessa nous avait annoncé qu’elle avait un billet pour un séjour de trois semaines sur un bateau de croisière et que celle qui rapportait le plus de numéros de téléphone de garçons dans un bar gagnait le billet. Par la suite, nous nous sommes préparées pour sortir.

Nous étions rentrées vers une heure du matin, nous avons commencé à compter les numéros et surprise, c’était moi qui avait remporté le billet. J’ai éclaté de joie, vous ne pouviez pas savoir à quel point j’étais heureuse. Mes copines étaient jalouses mais elles n’osaient pas l’avouer et puis cela ne m’importait guère car j’avais gagné des vacances gratuites.

Un mois passa et enfin j’étais prête pour le départ. J’ai roulé pendant trois heures pour arriver jusqu’au quai mais ça valait la peine.

Enfin je vis ce beau et grand bateau qui submergeait mes rêves depuis un mois.

Deux jours magnifiques étaient passés : c’était mardi et j’avais acheté une robe dans un petit magasin du paquebot. En regardant le ticket de caisse, je suis tombée sur une personne, c’était un homme charmant qui m’a aidé à me relever. Je l’ai remercié mais je ne m’en étais pas préoccupée plus que ça.

Le soir, je suis allée manger au Burgerman, car moi,  je n’avais pas trop les moyens pour les restaurants de luxe. Ce soir-là, par la fenêtre j’ai  remarqué l’homme charmant qui m’avait aidé à me relever mais encore une fois je n’y ai pas prêté attention. Le lendemain, je suis allée dans la piscine, quand soudain quelque chose m’attrapa le pied et me tira vers le fond. Je remontai à la surface et je vis un petit garçon qui s’amusait à faire peur aux personnes dans la piscine. Alors je décidai de partir et l’homme que je voyais souvent est venu vers moi et me dit qu’il n’y avait pas de quoi s’énerver. Je lui répondit que si, que depuis que j’étais sur le bateau, il m’arrivait plein de choses comme tomber,  me faire embêter par des gamins, aller dans des restaurants gras, déchirer une robe que j’avais achetée ici…Il ne m’arrivait que des malheurs depuis que j’étais là. Je n’aurais jamais dû venir. Il me répondit que ce n’était pas grave, que ce n’était pas grand-chose et là une mouette fit ses besoins sur ma tête.  Il me dit : « effectivement, vous avez la poisse ! » en rigolant mais moi ça ne me faisait pas rire du tout. Il s’excusa de rigoler comme ça et pour se faire pardonner il m’invita dans un de ces restaurants luxueux. J’étais gênée mais j’ai quand même accepté.

Le soir était arrivé et l’homme est venu me chercher à ma cabine. Je n’étais pas très classe comparée à lui. Puis nous sommes allés au restaurant. La soirée se passait bien mais à un moment je me suis dit que je ne connaissais pas son nom et lui ne connaissait pas le mien. Alors je lui dis:

« – au fait, nous ne nous sommes même pas présentés.

– Suis-je bête, je m’appelle William et vous ?

– Moi c’est Lucie. »

Nous avons continué de parler et de manger. Le moment de payer était venu, je commençai à sortir mon portemonnaie pour payer ma part et William me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il payerait. J’étais encore une fois gênée mais je trouvais ça très romantique. Il m’a raccompagné jusqu’à ma cabine et m’a embrassé sur la joue pour me dire bonne nuit.

Le lendemain et même tous les jours suivants, nous étions ensemble, on faisait de activités, on allait se faire masser, ce genre de chose quoi…

Au bout de deux semaines, nous sommes allés dans un burgerman car il n’y avait jamais mis les pieds et contre toute attente il a trouvé ça très bon. Ce soir-là, nous avons commencé à avoir des sentiments.

Un autre soir nous avons mangés des sandwichs dans ma cabine et il s’est passé ce qui devait se passer.

C’était bientôt la fin de ces trois semaines. William et moi, on ne voulait pas se séparer mais on pouvait toujours rester en contact avec internet. Le dernier soir nous sommes retournés au restaurant de luxe et il m’a offert un collier en forme de cœur mais moi je n’avais rien pour lui ; j’étais heureuse mais je me sentais un peu mal.

Le jour était venu de partir et nous nous sommes embrassés et nous sommes partis.

Nous nous sommes revus plusieurs fois après et huit mois après nous nous sommes installés ensemble.

Voilà les enfants, vous savez comment papa et moi nous nous sommes rencontrés.

A la troisième place exæquo, les nouvelles de Charlotte et de Lucile.

Une nouvelle vie

Après son décès, j’ai dû vider la maison. Chaque objet que je mettais dans un carton était chargé d’émotion. C’était dur pour une jeune fille comme moi, mais j’étais la seule qu’elle avait. La maison était presque vide, il ne me restait plus que le grenier et je pourrais m’en aller en laissant tous ces souvenirs. Je monte. La première chose que je vois est une grande malle noire ; je me rends alors compte que j’ai toujours vécu dans cette maison mais que je n’étais jamais montée au grenier.

J’ouvre la malle, un tas d’enveloppes est entassé. Je prévois d’en ouvrir une, non pas pour entrer dans l’intimité de ma grand-mère, mais simplement pour savoir si ces lettres doivent être gardées. Ce qui m’étonne c’est que sur aucune n’est écrit l’adresse de retour au cas où le courrier se perdrait. A l’intérieur, il y a une feuille, je la déplie et je la lis :

« Maman, c’est bientôt Noël, alors j’aimerais que tu offres ce cadeau à Lara, dis-lui que le père-Noël lui envoie. Elle sera contente. J’espère que vous allez bien toutes les deux. Donne-moi des nouvelles d’elle au plus vite. Je t’embrasse. »

Je fouille dans le fond de l’enveloppe. Un collier argenté en forme de cœur, ça doit être le cadeau dont elle parle dans la lettre. Je ne comprends rien? pourquoi cette lettre parle de moi ? Pourquoi grand-mère ne m’en a jamais parlé ? Et surtout pourquoi cette personne l’appelle « maman ». A ma connaissance, ma grand-mère n’avait eu qu’une seule enfant, ma mère, décédée à ma naissance.

J’entreprends de lire toutes les lettres qui se trouvent dans la malle, toutes parlent de moi. Cette personne était apparemment heureuse d’avoir eu les détails de mes premiers exploits, de mon opération des dents de sagesse, de mon séjour à Disney… je passe des heures à lire toutes ces lettres sans vraiment réaliser. Quand  j’arrive à la dernière, je regarde l’heure : 3 heures du matin. Je rentre chez moi. Une fois sous les draps, je me pose des questions : qui est cette personne ? Elle pourrait être ma mère. Je me raisonne, c’est impossible et stupide de penser que ma mère pourrait être encore en vie.

Je me réveille, le soleil n’est pas encore levé, je n’ai pas beaucoup dormi et pourtant, je n’ai aucune envie de rester sous les draps. Je me lève, me fait couler un café, et me voilà partie en direction de chez ma grand-mère. Au fond de moi, j’espère trouver des informations sur les lettres et surtout sur qui en est l’auteur. J’ouvre la porte et monte directement au grenier. Je me rends alors compte que je n’ai pas avancé dans les cartons. Je trie, j’emballe et je range. Moi qui espérait trouver des informations… le rangement touche à sa fin et pas une trace de cette mystérieuse personne. Tous les cartons sont maintenant dans ma voiture et je me sens soudain remplie de tristesse et de nostalgie. Je fais un dernier tour du grenier avant de descendre et je trouve un manteau que grand-mère portait souvent quand j’étais plus jeune. Je le prends avec moi, ferme la porte et laisse mes clés dans un pot de fleurs pour les nouveaux propriétaires.

Au moment d’aller me coucher, je ne me sens toujours pas bien. Je repense à grand-mère et à tout ce que l’on a vécu ensemble dans cette maison. J’aperçois son long manteau noir que j’avais posé sur la chaise du bureau. Je me lève, l’enfile. Il a toujours son odeur malgré une bonne couche de poussière. Je me regarde dans le miroir, mets les mains dans les poches. Dans la poche droite, je tombe sur un morceau de papier plié en quatre. Je le déplie, ce sont des coordonnées : il y a un numéro de téléphone et une adresse. Toute la nuit je me pose des questions, peut-être que cette personne n’a rien à voir avec les lettres. Il n’y a qu’un moyen de le savoir.

Au lever du jour, je prépare un sac avec quelques provisions. L’adresse est à  km dans la banlieue de New York. Je devrais y être dans 5h30 si tout se passe bien. Avant de partir, je prends le collier qui se trouvait dans une des lettres et l’accroche autour de mon cou. Au début du trajet, je me pose des questions et commence à appréhender. mais au fil du temps, je regarde les paysages et me détends. J’arrive plus rapidement que je pensais. J’aperçois les impressionnants buildings de la ville. Je tombe dans une petite rue paisible. C’est bien là. Je suis au 10 bis.

Je ne réfléchis pas car sinon je risque de faire demi-tour. Je serre le collier dans le creux de ma main. J’ouvre la portière, sors de la voiture et me dirige vers le pavillon, je sonne. Un petit chien court dans le jardin quand la porte s’ouvre. Une jeune femme d’une trentaine d’années aux longs cheveux blonds sort. Elle se dirige vers moi et d’une voix douce, me demande qui je suis.

Tout de suite, elle m’interrompt et m’invite à entrer. Une fois à l’intérieur, je m’assois sur le sofa et continue mon récit. Je lui explique comment je l’ai retrouvée, lui demande des explications sur sa relation avec ma grand-mère. La seule chose qu’elle me répond est : »je vais tout t’expliquer, mais, d’abord, veux-tu quelque chose à boire ? »

Je réponds que je n’ai pas soif. Je vois dans ses yeux de l’étonnement mêlé à de la joie. Elle regarde mon cou et me dit : »tu le portes! »

C’est là que je comprends qu’elle est forcément liée aux lettres.
Elle se lance dans une très longue histoire, elle me raconte que très jeune, elle est tombée enceinte par accident ; qu’elle n’avait pas fini ses études et qu’elle n’était pas capable de s’occuper d’un enfant. Grand-mère est partie avec moi dès que je suis née et elle, est restée à New York. Comme pour se faire pardonner, elle m’explique qu’elle n’a cessé de penser à moi et qu’elle communiquait au moins deux fois par mois avec grand-mère pour avoir de mes nouvelles. La nuit est tombée, elle m’invite à dormir.

Je suis restée deux semaines à New York, comme pour commencer à rattraper le temps perdu.  Je devrais peut-être lui en vouloir de m’avoir laissée et pourtant, je ne lui en veux pas. Je suis surtout heureuse d’avoir retrouvée ma mère.

Le trac

Si seulement je n’avais pas le trac, si seulement je pouvais m’échapper à ce moment, non pas que je ne veuille pas, que je n’ai pas envie ; mais j’ai peur, peur du jugement, peur de tout ! J’ai la voix qui tremble, les jambes qui tremblent. Je voudrais être à un autre endroit, être loin d’ici sans personne autour de moi pour m’écouter ; mais malheureusement, je n’ai pas d’autre choix que de monter ces trois marches qui me séparent de ma destinée. J’ai peur d’arriver devant ces milliers de personnes qui vont m’écouter. Tout se bouscule dans ma tête : la chanson, la musique, les paroles et mes parents ! Mes parents qui sont dans cette salle, vais-je les décevoir ? Vais-je réussir cette note qui me hante ? La note qui changera tout. Mon coeur me dit d’y aller mais ma tête me dit de reculer; ces idées se percutent et s’entrechoquent sans que je ne puisse rien faire. J’ai une boule au ventre, la peur m’envahit, je suis tétanisée. J’ai la sensation que mes os sont faits de pierre, mon coeur chavire ! Il faut que je montre à ces gens qui je suis, qui je peux devenir, je dois y aller, je n’ai pas le choix, je ne peux pas reculer. Je pense à ma famille, à tous mes proches qui croient en moi ; si seulement ils étaient là à côté de moi pour me dire d’y aller, pour me pousser sur cette scène : ils me diraient « prends le micro, chante comme tu n’as jamais chanté, crie comme tu n’as jamais crié, montre à ceux  qui t’ont rabaissée qui tu es au fond de toi. » Mais, malheureusement, ils ne sont pas là, ils attendent tant bien que mal que je prenne la décision de monter sur cette scène et de chanter. Mais, comment leur montrer ?  Et s’ils n’aimaient pas ce que je chante ? Et si j’oubliais des paroles ? Que vais-je faire si j’oublie ces maudites paroles. Je me pose peut-être beaucoup trop de questions mais je n’arrive pas à me contrôler. Elle arrivent comme des flèches qui pénètrent mon crâne. Elles restent logées là dans mes pensées. Le producteur me fait signe d’avancer, mais, je ne suis pas prête ! J’hésite … Si je partais, je n’aurais plus peur, je n’aurais pas à chanter devant ces spectateurs. Mais, je décevrais toute ma famille et tous ces gens qui n’attendent que moi. Ce serait choisir la facilité que de partir. Je n’ai pas le droit de faire ça, cette décision ne m’appartient pas. C’est celle de tout le public, celle du producteur, de toute ma famille. Il me suffit de monter ces quelques marches. Je les ai examinées, en long, en large, et en travers, ces marches. J’en connais les moindres rebords, les moindres grains de poussière qui se sont logés sur celles-ci. Je m’appelle Marina Roland et je suis faite pour chanter, rien ni personne ne pourra m’en empêcher. Micro dans une main, ma guitare dans l’autre, je monte ces trois marches , et c’est parti !

Je suis une fille de l’hiver / Laurie Halse ANDERSON

Posted in Galerie littéraire with tags on février 6, 2017 by lepetitblumdelalitterature

 

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Lia et Cassie étaient amies depuis l’école. « Filles de l’hiver », elles ont grandi prisonnières de corps fragiles et concurrentes dans la course morbide à la minceur. Elles ont 18 ans, maintenant, et leurs chemins se sont séparés. malgré cela, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Et Lia n’a jamais répondu.

La voici seule à présent, hantée par les souvenirs, ravagée par la culpabilité et toujours obsédée par la maigreur. Commence un long monologue intérieur poétique et fiévreux, si juste et nécessaire.

Dans son roman le plus émouvant depuis Vous parler de ça, Laurie Halse Anderson explore le combat d’une jeune fille, son chemin douloureux vers la guérison, et ses tentatives désespérées pour retrouver des raisons d’exister.

Only / Winston GROOM

Posted in Galerie littéraire on février 6, 2017 by lepetitblumdelalitterature

Une pépite à quatre pattes, le nouveau personnage culte de l’auteur de Forrest Gump

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George et Alice Martin, jeunes mariés, accueillent un  nouveau membre dans leur famille : Only, un chien de berger orphelin et pataud. C’est le bonheur, mais ils s’aperçoivent vite que le chiot a des idées bien arrêtées et que, lorsqu’il veut quelque chose, il est prêt à tout pour l’obtenir. Observateur sensible et insolite Only regarde ses humains évoluer et s’aventurer vers des horizons inattendus. Perplexe, il décide un jour, d’abandonner la maison pour partir à la découverte du vaste monde. Le voyage ne sera pas de tout repos !

Lucie ou la vocation / Maëlle GUILLAUD

Posted in Galerie littéraire with tags on février 6, 2017 by lepetitblumdelalitterature

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Lucie est amoureuse. Éperdument. Mais pour imposer celui qu’elle a choisi, elle va devoir se battre. Ne pas céder face à l’incompréhension et à la colère des siens. Malgré les humiliations quotidiennes, les renoncements et l’ascèse, elle résiste et rêve d’absolu. Un jour, pourtant, le sacrifice qu’elle a durement payé est ébranlé par la découverte d’un secret. le doute s’immisce. S’est-elle fourvoyée ou est-elle victime d’une manipulation ?

Avec une sensibilité et une justesse infinies, Maëlle Guillaud nous entraîne dans un monde aux règles impénétrables. En posant la question de la foi et en révélant sa puissance à tout exiger, Lucie ou la vocation entre en résonance avec l’actualité.

Le jardin des pleurs / Mohamed Nedali

Posted in Galerie littéraire with tags , on février 6, 2017 by lepetitblumdelalitterature

 

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Jeunes mariés, Driss et Souad savourent les plaisirs  du bonheur conjugal lorsque leur vie bascule suite à l’agression de la jeune femme par un commissaire de police ivre. Le couple porte plainte et se  heurte aussitôt à la réalité immuable d’un système judiciaire pourri : corruption, népotisme, impunité, harcèlement, intimidations, abus de tout genre…

 

Le tabac Tresniek / Robert SEETHALER

Posted in Actualités with tags on janvier 10, 2017 by lepetitblumdelalitterature

 

seethaler-tabac-tresniekHuitième  et dernière présentation des livres sélectionnés pour le prix Folio des lycéens

« Alors comment se fait-il que tout le monde tombe amoureux partout, à tout bout de champ ?

– Jeune homme, dit Freud en marquant un temps d’arrêt, on n’a pas besoin de comprendre l’eau pour y plonger la tête la première. »

En 1937, Franz débarque à Vienne chez Otto Tresniek, un buraliste unijambiste. Au tabac Tresniek, où se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive, il fera l’apprentissage de la vie. Conseillé par Otto et un vieux docteur malade, fidèle client du tabac du nom de Sigmund Freud, Franz tente de séduire Anezka, une artiste de cabaret dont il est tombé amoureux.

L’humour viennois d’Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, qui tentera pourtant, fidèle à leur enseignement, de nager à contre-courant.